19 août 2010

Peu de chose

Le plus dur, dans l'histoire, c'est d'être passée des premières places du classement au dernier échelon de ses priorités en l'espace de 10 jours, sans même le savoir.

J'étais tellement sûre que tout s'arrangerait bientôt. Tellement sûre. Je me disais qu'une fois sur Gotham, tout serait plus simple, nous pourrions reprendre sereinement les choses là où nous nous étions arrêté. J'avais pleinement repris la foi en ma capacité à grandir, m'adoucir, à évoluer dans le bon sens. J'étais pleine de confiance, d'assurance, de sérénité. Plus que je ne l'avais été depuis bien longtemps. Tous les autres hommes qui avaient pu croiser ma route cette année, tous ceux avec lesquels j'avais pu me sentir spontanément plus en phase qu'avec Jean De, toutes les évidences que j'avais pu croiser avait toutes fini par me conduire à la même conclusion: Jean De était mille fois mieux, m'apportait mille fois plus; ce qui consolidait pierre par pierre ma résolution à rester avec lui.

Lui, de son côté, il a récemment rencontré une évidence. Il a désormais une autre femme en tête. Je ne compte déjà plus. Il est passé à autre chose. Je l'encombre et il redoute que je le culpabilise. Il met des plombes à répondre à mes mails, ne m'appelle plus malgré ses promesses. Et moi, je passe mes journées à attendre, vainement, un signe de lui, juste pour me rassurer.

C'est fini. C'est brutal. Et ça me blesse profondément. Je ne devrais pas lui en vouloir d'essayer d'être heureux malgré tout, et d'avoir la chance de rencontrer quelqu'un qui lui correspond probablement mieux. Et puis, il ne faut pas que je me leurre: dans sa tête, je n'étais pas le genre de fille qu'on épouse. Trop sulfureuse, trop subversive, trop imprévisible.

Mais ça arrive tellement tôt, il a tourné la page si rapidement! Le différentiel entre mes espoirs, mon acte de foi, et la réalité est tellement grand!
On se sent bien peu de chose...
Alors là, oui, je commence à lui en vouloir.

Et puis je commence à réaliser ce que cette rupture implique. Ne plus le voir au bas mot pendant 3, 4, 6 mois. Et après ça, peut-être que nous nous recroiserons de temps à autres. Mais plus jamais, plus jamais nous ne passerons autant de temps ensemble. Plus de déjeuners, plus de soirées vin-cigares, plus de concerts avec lui. Ca, l'Héroïne, c'est fini.

Je me console comme je peux. En me disant que c'est un défi personnel magnifique qui m'attend: faire les choses pour moi, et rien que pour moi. M'affirmer, m'épanouir sans le support d'un homme. Devenir pleinement maîtresse de mon destin.
Je me console en me disant que quoi qu'il arrive, je manquais de mâturité, que je n'étais pas prête, que Jean De était déjà beaucoup trop loin pour moi. Nous avions peut-être les mêmes buts, je ne pouvais pas suivre.
Et puis non, de toute manière, j'étais beaucoup trop salope pour qu'il me voit en femme respectable. Il ne m'aurait jamais prise au sérieux.

Je vais m'en remettre, comme à chaque fois. Je vais m'en remettre, mais en attendant, ça fait un mal de chien.
Ma détermination n'a pourtant jamais été aussi forte. Pourvu que ça continue.

Posté par commeuneheroine2 à 08:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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