12 mai 2010

Alice et le Marquis de Sade

Un nouveau mail de l'Anarchiste dijonnais. Il me fait réfléchir, encore. Il contrebalance les enseignements de Jean De. Ou plutôt, il les met en perspective. C'est un dialogue continu qui me traverse. Un flot de questions, de réponses, de postures. Parfois, le vertige me prend. Et parfois, j'arrive à poser un oui, un non, et à construire ma propre position entre ces deux extrêmes, qui ne sont pas si éloignés que ça au final.
C'est passionnant. J'ai la sensation (la sensation euphorique) de vivre quelque chose de plein, d'intense, de grand et d'utile Utile au sens où cela me nourrit.

Endymion continue à me poursuivre de ses assiduités. Il me rêve encore en amante fusionnelle, en amoureuse zénithale, en future mère. Je le sens bien. Il voudrait que je lui revienne. Et moi je m'obstine à refuser. Ce serait pourtant tellement simple, d'être de nouveau aimée de façon inconditionnelle...

En prenant ma douche, une métaphore m'a menée jusqu'à une réponse...
Je me sens prise entre deux courants, un yin et un yang. C'est comme une mère et un père. Une mère, avec son amour enveloppant, rassurant, absolu. La fusion. Et puis le père. Plus distant, plus réservé, plus exigeant. Qui chérit moins l'enfant sans défense que l'adulte responsable. Qui pousse vers l'extérieur et vers l'action.
Oui, c'est peut-être ça, la tension intérieure qui me tiraille. Et si c'est cela, alors je n'ai plus à m'interroger sans cesse: je fais le bon choix. Plus d'efforts à fournir, certes, mais au bout, mon but. Celui de devenir enfin adulte.

Je me rends compte qu'il m'a consacré énormément de temps, dernièrement. Il a répondu à mes mails, même les plus insignifiants, il m'a appelée, tenue au courant. J'ai eu l'impression de partager un peu son quotidien.
Or, comme j'ai l'habitude de dire, ce qu'on a de plus précieux à offrir à l'autre, ce n'est ni de l'amour, ni de l'attention, mais du temps. Et du temps, j'en ai eu.
Il faudra que je le remercie. Juste pour qu'il comprenne que non, je ne suis pas une éternelle insatisfaite. Que parfois, ce que l'on me donne me convient. Que je n'en demande pas forcément plus. Juste autant, de manière relativement régulière.

Les coups au coeur continuent, lorsque je pense à lui.
Grande plénitude ce matin. Ni peur, ni mal. Pas d'impatience. Désir en sourdine. Je savoure l'instant, et l'espoir. Envie de me blottir contre son grand torse brun qui sent le sucre et l'homme, et de me dire "le futur est en marche".

Je ne sais pas (je ne sais PAS) ce que l'avenir me réserve. Je ne sais pas si Jean De deviendra pour moi autre chose qu'un Maître Jedi ou qu'un Marquis de Sade. Un initiateur, un guide, un mentor. Je ne sais pas si je finirai par me dégager de son enseignement pour tenter mes propres aventures, pour me lancer dans mes propres explorations. Je ne sais pas. Et aujourd'hui, je m'en fiche. Parce que le mouvement est lancé, et qu'il suffit de le suivre.

Posté par commeuneheroine2 à 07:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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